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Abeilles solitaires

 

A l’occasion d’une virée en Touraine (Ste Maure de Touraine) sur un coteau calcaire découverte de plusieurs « nids » d’abeilles solitaires
Contrairement aux idées reçues la plupart des abeilles ne sont pas sociales et ne vivent pas dans des ruches. Près d’un millier d’espèces d’abeilles dites solitaires sont présentes en Europe. Ces abeilles, de formes, de tailles et de couleurs très variées sont des pollinisateurs majeurs. Elles pollinisent les fleurs que ne visitent pas les abeilles domestiques, elles complètent le travail de ces dernières. Elles sont d’autant plus précieuses qu’elles butinent dès le mois de mars. De  plus certaines fleurs ne sont pollinisées que par les abeilles solitaires; par exemple: l’orchidée ophrys abeille.
Comme toutes les abeilles à langue courte de 3-4 mm, elles ont une préférence marquée par les fleurs à pétales libres sans tube, pollen et nectar étant directement accessibles ; la couleur de ces fleurs est très souvent blanche ou jaune. Parmi ces fleurs, on trouve le pissenlit, la chicorée, l’aster, le séneçon, le tournesol, les centaurées, ainsi que les arbres fruitiers, le prunellier, les ronces, l’églantier, l’aubépine. Dès le début du printemps en mars‐avril, les abeilles sauvages de cette famille vont apparaître à la recherche de leur nourriture afin d’alimenter les larves des premiers couvains.
A priori celles photographiées font partie du genre Lasioglossum qui comprend une centaine d’espèces en France. Il s’agit d’un vaste groupe d’abeilles de petite et taille moyenne.

 

 

Les Lasioglosses sont terricoles et construisent leurs nids dans le sol ; (Photo1 environ une douzaine sur quelques centimètres carrés et il y en avait plusieurs mètres carrés) celui-ci comprend une entrée marquée par la présence d’un petit monticule de terre et un conduit de longueur variable.

 

 

 

 

 

 

Chez de nombreuses espèces les femelles recouvrent l’intérieur des loges d’une pellicule hydrofuge qui maintient un taux d’humidité correct dans toutes les cellules. Ces cheminées ou tourettes sont constituées de la terre extraite des profondeurs pour creuser galeries et cellules individuelles (où croitront les larves) et entassée à l’extérieur. Un travail titanesque: 8 à 10 cm de hauteur, une base souvent très large pour des abeilles de 8 mm. Le nombre de cellules est variable (quelques dizaine à plusieurs centaines). Dans chaque cellule, elles déposent un œuf et des réserves de nourriture, généralement du pollen et du nectar. Les abeilles construisent de petites cloisons pour séparer les cellules.

Dans celles que j’ai observé (peut être Evylaeus marginatus), apparemment il y avait plusieurs abeilles qui partageait le même nid.

 

 

 

 

 

 

 

Une « gardienne » se tient à l’entrée et contrôle les va-et- vient.

 

 

 

 

 

 

 

Sortie d’une abeille

 

 

Entrée  les pattes chargées !!

Toutes ces espèces sauvages dites « primitives » font partie de la biodiversité de nos espaces naturels et anthropisés. Elles contribuent à une meilleure pollinisation des plantes à fleurs, notamment celles des arbres et de certaines cultures. Alors attention où vous marchez, certaines entrées de tourettes font 1mm et les abeilles 5 à 7mm.

J. Luc PIAZZA

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